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Sommaire
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BIOGRAPHIE
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| La première représentation de
Denys a lieu le 5 février 1748. Le succès est immédiat. La pièce sera
représentée 16 fois devant plus de 15 000 spectateurs. Marmontel en retire près de 3
000 livres de revenus. Du jour au lendemain, le voici connu, encensé, courtisé, et
presque riche. |

Melle Clairon |
Le succès
littéraire en amène d'autres: il tombe amoureux de Melle Navarre, ancienne maîtresse du
Maréchal de Saxe, avec laquelle il fugue un moment en Champagne, mais celle-ci l'ayant
abandonné, Melle Clairon, la tragédienne qui joue ses héroïnes, le consolera. Puis il
acceptera, au printemps 1749, imprudemment, de donner des cours de comédie à Melle
Verrière, une "nièce" du Maréchal de Saxe alors en voyage en Prusse. Cette
demoiselle a donné le jour en octobre 1748 à une fille naturelle du Maréchal, Aurore,
qui sera plus tard la grand'mère paternelle de George Sand. |
| A son retour de voyage, le
Maréchal prend très mal la chose : " il alloit disant dans le monde, à la cour, et
au roi lui-même, que ce petit insolent de poëte lui prenoit toutes ses
maîtresses." Marmontel se réfugie dans la maison de campagne d'un mécène, Mr de
la Poplinière. La tragédie
suivante de Marmontel fut Aristomène, dont la première eut lieu le 30
avril 1749. Représentée 17 fois au cours de l'année, son succès a été
comparable à celui de Denys le Tyran. |

Madame de Pompadour |
Dans la compagnie de
Mr de la Poplinière, le jeune auteur se laisse entraîner dans une vie mondaine et
agitée. Il écrit cependant sa troisième tragédie, Cléopâtre. Ce fut un
demi- succès: 11 représentations. Un automate, créé par Vaucanson pour tenir le rôle
du serpent dans la scène finale, fit éclater de rire une partie du public au lieu de
l'effet dramatique désiré. En
mai 1752 la tragédie des Héraclides eut 8 représentations. La critique se
déchaîne. Les partisans de Marmontel l'encouragent à persévérer. Le 5 février 1753,
il fait représenter Egyptus qu'il retire aussitôt. Après ce revers, il
abandonne la tragédie et obtient par Mme de Pompadour un emploi qui le met à l'abri de
l'incertitude d'un succès littéraire. Il est secrétaire des Bâtiments du Roi, sous
l'autorité du marquis de Marigny, frère de la Pompadour. |
| Le voici à
Versailles, où il a un logement de fonction. Ce travail l'occupe deux jours par semaine.
Il profite de son temps libre pour fréquenter la bibliothèque du Roi. Il a aussi
l'occasion de s'instruire dans divers domaines : peinture, sculpture, musique. Il se rend à Paris ( 1 h 30 de trajet ) où il
fréquente le salon du Baron d'Holbach. Il rencontrera là Diderot, Buffon, Helvétius,
Grimm, et Jean-Jacques Rousseau " avant qu'il se fût fait sauvage ". Il écrit,
à la demande de Diderot, ses premiers articles pour l'Encyclopédie.
L'objectif de l'Encyclopédie
,"ou Dictionnaire des Arts et Métiers, par une société de gens de
lettres", était de constituer un répertoire des connaissances humaines, mais aussi,
en consacrant les progrès de l'esprit humain, de combattre les doctrines désuètes. Pour
éviter la censure, toutes les précautions de langage étaient nécessaires. Cela
n'empêcha pas un violent mouvement de réaction qui aboutit en 1758 à l'interdiction de
l'ouvrage et à sa condamnation par le pape Clément VII.
En 1754 le Mercure de France est
confié à Boissy, que Marmontel a recommandé pour cette charge à Madame de Pompadour.
Boissy l'invitera à participer au journal et à y publier ses premiers Contes Moraux à
partir de 1755, et c'est cette collaboration active qui lui permettra d'obtenir le brevet
du Mercure à la mort de Boissy en 1758. |
| Marmontel quitte
Versailles pour Paris où il loge chez Mme Geoffrin dont le salon est considéré comme
une antichambre de l'Académie. Il
renoue avec Voltaire qui voit d'un bon il son disciple prendre la direction du
journal qui vient de publier un pamphlet contre les philosophes, les "Cacouacs".
Voltaire lui écrit: "Il y a plus de 15 ans que je n'ai lu aucun Mercure. Mais je
vais lire tous ceux qui paraîtront. Je vous prie de m'inscrire parmi les souscrivans.
Quand vous n'aurez rien de nouveau je pourrai vous fournir quelque sottise qui ne
paraîtra pas sous mon nom et qui servira à remplir le volume."
Dans le numéro de juillet 1758 il publie sa
profession de foi, et propose aux Académies de Paris et de province de promouvoir leurs
publications. Il fera paraître des uvres littéraires, des critiques, mais aussi
des informations scientifiques ou économiques en donnant la parole à des spécialistes.
Il n'hésite pas à s'engager:
- à propos des privilèges de la Noblesse:
"Chacun des citoyens, dans la société est l'égal de l'autre car tous vivent en
elle et pour elle..."
- contre Rousseau: "Mr Rousseau ne peut se
persuader qu'une femme soit son égale..."
Sous sa direction, le Mercure
connaît une période de prospérité: le bénéfice qu'il en aurait retiré en 2 ans
serait de 40 000 livres. |
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